11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Une ambulance vitale et des services intégrés renforcent l’espoir à Oicha, Nord-Kivu

Le Représentant de l’UNFPA, Alain Akpadji, a récemment remis une ambulance entièrement médicalisée et équipée à l’Hôpital Général de Référence d’Oicha. Ce don stratégique est spécifiquement destiné au service de maternité et d’obstétrique, dans le but d’assurer un transfert rapide et gratuit des urgences médicales vers des structures de soins adaptées, offrant ainsi une bouée de sauvetage cruciale dans cette région.

Les patientes les plus vulnérables sont directement concernées par ces évacuations sanitaires : les femmes enceintes confrontées à des complications, les survivantes de violences sexuelles, les enfants et les blessés de guerre en état critique. Auparavant, l’absence de moyens de transport médicalisé adéquats transformait souvent ces transferts en un parcours périlleux, voire fatal, pour des vies précieuses.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision nationale du « zéro franc à la caisse », une stratégie ambitieuse financée par le Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).

Le Docteur Kaseraka Nzala Essaie, Médecin directeur a.i. de l’HGR d’Oicha, a chaleureusement salué l’engagement indéfectible de l’UNFPA, dont l’action vise à bâtir un monde où chaque grossesse est désirée et chaque accouchement se déroule en toute sécurité. Il a mis en lumière la double portée, symbolique et pratique, de cette précieuse acquisition :

Dans une région constamment la proie d’attaques, cette ambulance dépasse le simple statut de véhicule : elle représente un véritable outil de survie. Ici, chaque minute gagnée se traduit directement par une vie sauvée.

Au-delà de la livraison de ce véhicule crucial, des travaux de réhabilitation de la salle d’accouchement sont actuellement en cours au sein de cet établissement. L’Hôpital Général de Référence d’Oicha, qui dispose d’une capacité d’accueil de 89 lits, fait face à une pression démographique constante, enregistrant en moyenne 350 accouchements chaque mois.

Une prise en charge globale et intégrée pour les victimes

Lors de sa visite, le Représentant Alain Akpadji a également exploré le Centre Intégré de Services Multisectoriels (CISM), stratégiquement implanté au sein même de l’HGR d’Oicha. Ce centre est conçu pour apporter une réponse holistique aux traumatismes subis par les survivantes de violences sexuelles et d’autres formes de violences basées sur le genre. Des guichets spécialisés y sont aménagés pour offrir un accompagnement complet : médical, psychosocial, juridique et de réinsertion, essentiel à leur reconstruction.

Durant cette visite, plusieurs bénéficiaires ont partagé des témoignages poignants, exprimant leur profonde gratitude pour la qualité de l’accompagnement reçu. Elles ont souligné le rôle déterminant de ces services dans leur cheminement vers la reconstruction physique et mentale.

Alain Akpadji, représentant résident de l’UNFPA en RDC, aux côtés de survivantes au Centre intégré de services multisectoriels d’Oïcha, dans le Nord-Kivu.

Oicha, au cœur d’une crise humaine et sanitaire complexe

Dans le territoire de Beni, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Les attaques incessantes du groupe armé non étatique ADF ont contraint des milliers de familles à fuir leurs foyers. Oicha et Beni sont confrontées à une augmentation de plus de 40 % de leur population avec l’arrivée de ces déplacés, dont la vulnérabilité est extrême.

À cette crise sécuritaire, marquée par de graves violations des droits humains et des violences sexuelles liées aux conflits, s’ajoute la menace d’une 17e épidémie de Maladie à Virus Ebola, identifiée comme la souche Bundibugyo.

Un partenariat des Nations Unies pour la dignité humaine

Ce soutien vital est le fruit d’un Programme Conjoint des Nations Unies, financé par le FONAREV. Il rassemble le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes, le BCNUDH et l’UNFPA, cette dernière assurant le leadership des agences dans ce programme collaboratif. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des Mesures Provisoires d’Urgence (MPU). L’UNFPA travaille en partenariat étroit avec des organisations locales telles que PPSSP, Heal Africa et TPO dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, avec pour mission d’accompagner et de contribuer à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes graves, œuvrant ainsi pour restaurer leur dignité.