27 juin 2026

Le Reveil Noir

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Violences contre les enfants en RDC : Washington hausse le ton à l’ONU

Les États-Unis ont une fois de plus exhorté la communauté internationale à renforcer la protection des enfants victimes de conflits armés, en insistant tout particulièrement sur la crise qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). Cette prise de parole est intervenue lors de la 10 182e réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, dédiée à la question des enfants dans les zones de guerre.

Au nom de l’administration américaine, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales à la Mission des États-Unis auprès de l’ONU, a souligné que les enfants continuent de subir le plus lourd tribut des affrontements armés à travers le globe.

« Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a martelé la diplomate, reprenant un message déjà porté par la Première dame Melania Trump lors d’une session du Conseil de sécurité en mars. Elle avait alors alerté sur les conséquences dévastatrices des conflits internationaux pour les plus jeunes.

La RDC au cœur des préoccupations

Dans son intervention, Jennifer Locetta a mentionné la République démocratique du Congo comme l’un des pays où les violations des droits des enfants sont les plus alarmantes. Washington a fermement condamné ces exactions, estimant que les enfants congolais demeurent les premières victimes des combats entre groupes armés dans l’est du pays.

« Dans les zones de conflit du monde entier, les enfants font face à des dangers multiples. Au Soudan, des enfants sont chassés de chez eux, séparés de leurs familles et soumis à des violences sexuelles. En République démocratique du Congo, des millions d’enfants vivent sous la menace des violences, des déplacements forcés et des agressions sexuelles perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons ces violences avec la plus grande fermeté. Sous la présidence de Trump, les États-Unis continuent de placer la paix au sommet de leurs priorités », a-t-elle déclaré le mercredi 24 juin 2026.

Les enfants, cibles directes des conflits

L’ambassadrice a insisté sur le fait que les enfants ne sont pas seulement des dommages collatéraux, mais qu’ils sont souvent délibérément visés. Les conflits compromettent également leur accès à une éducation sûre et de qualité, ce qui perpétue un cycle de pauvreté, d’instabilité et de violence qui se transmet de génération en génération.

« Trop souvent, les guerres privent les enfants d’une éducation fiable et sécurisée, leur fermant les portes de l’avenir et hypothéquant leurs perspectives. Il en résulte un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se reproduit d’une génération à l’autre, attisant de nouveaux conflits et compromettant la stabilité mondiale et la prospérité économique. Partout dans le monde, les enfants méritent de se sentir en sécurité, d’être éduqués et d’avoir un avenir. En agissant pour les protéger, nous protégeons notre avenir collectif et contribuons à mettre fin aux conflits durables », a-t-elle fait observer.

Critiques du rapport onusien

La représentante américaine a également émis des réserves sur le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies relatif aux enfants et aux conflits armés (CAAC). Selon elle, ce document n’améliore pas la protection des enfants dans les zones de guerre.

Jennifer Locetta a estimé que « le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés ne nous rapproche pas de cet objectif ». Elle a dénoncé « une vision erronée des préjudices causés aux civils au regard du droit de la guerre », affirmant que « le meurtre délibéré d’enfants par les Houthis ou d’autres groupes armés hostiles constitue une violation grave ; le meurtre accidentel de civils par les forces armées d’un État n’en est pas une ».

Pour la diplomate, ce rapport illustre une nouvelle fois « comment l’ONU consacre du temps et des ressources à des initiatives qui ne servent ni les intérêts ni la souveraineté des États membres ».

« Ce rapport ne fait que conforter la décision des États-Unis de se retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. Il nuit encore davantage à la crédibilité de ce bureau en assimilant à tort les actions des forces armées américaines à celles des terroristes houthis. La protection des enfants demeure une priorité pour les États-Unis. Nous continuons d’appeler à des mesures concrètes pour empêcher l’implication des enfants dans les conflits. La publication de rapports politisés et inexacts ne permettra pas d’atteindre ces objectifs », a-t-elle déclaré.

Appel à une mobilisation internationale

Au-delà de la RDC, les États-Unis ont également évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, demandant à toutes les parties de mieux protéger les enfants contre les violences, les déplacements et les violations graves de leurs droits. Pour Washington, la protection des enfants est essentielle pour instaurer une paix et une stabilité durables dans les régions touchées par les conflits.

En RDC, les conséquences du conflit sur les enfants se manifestent à travers six violations majeures : le recrutement et l’utilisation d’enfants, les meurtres et atteintes à l’intégrité physique, les viols et autres violences sexuelles, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, les enlèvements, et le refus d’accès à l’aide humanitaire.

La situation, déjà critique, s’est encore aggravée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les efforts diplomatiques américains, qataris et de l’Union africaine.