L’Assemblée nationale du Sénégal a validé, il y a quelques jours, à une écrasante majorité, la révision de la Constitution. Malgré l’absence remarquée des élus de l’opposition lors du scrutin, les 129 députés de la majorité présidentielle Pastef ont massivement soutenu le texte.
À peine le vote clos, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a souhaité alerter sur les désaccords profonds qui l’opposent désormais à Bassirou Diomaye Faye, chef de l’État, concernant plusieurs aspects du projet adopté.
« Nous gardons espoir, même si le temps presse. Il n’est jamais trop tard pour revenir aux fondamentaux qui ont forgé notre vision politique. Je m’interroge : comment une telle volte-face a-t-elle pu s’opérer en si peu de temps ? », a-t-il lancé, s’adressant directement à Bassirou Diomaye Faye.
Parmi les points de friction, la question de la transparence patrimoniale du président revient en force. Ousmane Sonko rappelle que le texte initial prévoyait une déclaration systématique des biens, tant à l’entrée qu’à la sortie du mandat présidentiel. Pourtant, des ajustements ont été opérés en cours de route, suscitant des interrogations.

« C’est lui-même qui l’a affirmé en tant que candidat : le président doit impérativement déclarer son patrimoine à son entrée en fonction comme à la fin de son mandat. Les archives vidéo en témoignent. Que s’est-il donc passé pour que cette promesse soit aujourd’hui remise en cause ? », a-t-il interrogé avec fermeté.
Ousmane Sonko insiste sur l’idée qu’un engagement public ne peut être balayé d’un revers de main, sous prétexte de contraintes politiques ou administratives. Une telle pratique, selon lui, serait incompatible avec la confiance que les citoyens sénégalais placent dans leurs dirigeants.
« Comment une seule personne peut-elle décider arbitrairement quelles dispositions lui conviennent et lesquelles doivent être écartées ? C’est tout simplement inacceptable », a-t-il martelé.
Ces prises de position révèlent une fracture croissante entre les deux figures centrales du mouvement Pastef, alors qu’ils avaient, ensemble, porté les espoirs d’une nouvelle ère politique lors de l’élection présidentielle de mars 2024.
Plus d'histoires
Sénégal : Ousmane Sonko réaffirme une stabilité inébranlable
Demande de Willy mengue pour un traitement équitable de l’information sur equinoxe tv
RTS 1 et la controverse sur la couverture de la révision constitutionnelle au Sénégal