17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Burkina Faso : des hauts magistrats sous le coup de poursuites pour corruption

Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a annoncé la découverte d’un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Une dizaine de magistrats, arrêtés en octobre, sont mis en cause pour avoir prétendument rendu des décisions de justice partiales en échange de compensations financières.

Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

Dysfonctionnements graves au cœur de la justice burkinabè

Selon un communiqué officiel consulté ce jeudi, plusieurs hauts magistrats burkinabè, incluant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour des allégations de corruption. Ces arrestations, intervenues au mois d’octobre, découlent d’une série d’enquêtes et d’auditions. Celles-ci ont mis en lumière « un vaste réseau d’agents indélicats » opérant au sein de la cour d’appel de Ouagadougou, comme l’a précisé le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag, l’instance chargée de concrétiser la « révolution progressiste populaire » du régime militaire.

Enjeux financiers considérables et jugements partiaux

Le porte-parole a souligné que des « sommes d’argent significatives ont été mobilisées pour des manœuvres de corruption et d’influence », ayant abouti à des enquêtes orientées et à des verdicts partiaux. L’attention est particulièrement portée sur un dossier de corruption concernant une dizaine de douaniers, qui avaient été acquittés suite à un non-lieu. Le Korag a qualifié cette issue de « mascarade judiciaire », jugeant qu’elle « affaiblit la détermination à combattre la corruption ».

Le régime militaire s’engage à renforcer la lutte anticorruption

Le gouvernement du capitaine Traoré, arrivé au pouvoir en 2022 et s’inspirant des idéaux de Thomas Sankara, a érigé la lutte contre la corruption en axe majeur de sa politique. Le capitaine Sorgho a réaffirmé cet engagement : « Nous intensifierons la lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs de la justice », pointant du doigt un « sérieux dysfonctionnement au sein du système judiciaire ».

Accusé par ailleurs de museler les critiques, le régime militaire cherche, par ces actions, à démontrer sa détermination face aux dérives internes qui pourraient ternir son image.