Evariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi

Au terme de sa visite à Kinshasa, le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, qui assure également la présidence de l’Union africaine, a réaffirmé la détermination de son pays à œuvrer pour la paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette région est en proie à une insécurité persistante, alimentée par des groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par la crise avec la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

Lors d’un point de presse tenu ce mardi 23 juin à la Cité de l’Union africaine aux côtés de son homologue congolais Félix Tshisekedi, le président burundais a confirmé que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC était au cœur de leurs discussions durant cette visite d’État de 48 heures.

« Un point très important de nos échanges a porté sur la paix et la sécurité dans l’est de la RDC. Nous avons procédé à une évaluation approfondie de la situation sécuritaire dans cette partie du pays et j’ai exprimé mon soutien aux efforts diplomatiques régionaux et internationaux visant à instaurer une paix durable et à garantir la stabilité dans la région des Grands Lacs », a affirmé Évariste Ndayishimiye.

Le dirigeant burundais a souligné l’importance d’une stratégie globale pour briser le cycle de la violence dans la région.

« Le Burundi reste convaincu que la résolution durable des crises qui affectent l’est de la RDC passe nécessairement par une approche globale et intégrée visant à mettre fin aux cycles récurrents de violence et à promouvoir le développement socio-économique des populations concernées », a-t-il ajouté.

Concernant les menaces qui pèsent sur la stabilité régionale, M. Ndayishimiye a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre les pays des Grands Lacs.

« Face aux menaces que représentent les groupes terroristes étrangers et les forces négatives opérant dans l’est de la RDC, le Burundi estime nécessaire de poursuivre et de renforcer la mutualisation des efforts entre les États de la région », a-t-il précisé.

Le président du Burundi a également manifesté son appui aux différents processus diplomatiques visant à restaurer la paix en RDC, réitérant son engagement personnel dans les médiations africaines.

« Le Burundi soutient toutes les initiatives visant à rétablir une paix durable en République démocratique du Congo, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts de l’Union africaine à travers l’action du médiateur de l’Union africaine pour la paix en RDC appuyé par le panel des anciens chefs d’État africains. J’ai réaffirmé mon engagement personnel dans la médiation africaine, notamment à travers un mécanisme de suivi des processus en cours », a-t-il conclu.

Cette rencontre entre les présidents Tshisekedi et Ndayishimiye s’inscrit dans un contexte de multiples tentatives diplomatiques, comme les accords de Washington et le processus de Doha, qui cherchent à obtenir un cessez-le-feu et à relancer le dialogue. Cependant, ces initiatives peinent à se traduire par des résultats tangibles sur le terrain, où les affrontements se poursuivent entre les forces gouvernementales et les rebelles.

Face à cette impasse, les appels au respect des engagements se multiplient aux niveaux national et international, mais restent pour l’instant sans effet concret. L’écart entre les avancées diplomatiques et la réalité du terrain persiste, chaque partie interprétant les accords à sa manière, ce qui rend leur application d’autant plus difficile.