La dette publique gabonaise a culminé à environ 15 milliards de dollars en 2025, une somme sans précédent pour l’économie de la CEMAC. Ce niveau révélé au terme d’un exercice marqué par des tensions de trésorerie et un recours accru aux marchés régionaux confirme la trajectoire ascendante amorcée depuis plusieurs années.
Une dette qui interroge la soutenabilité
Rapportée à la richesse nationale, l’ardoise se rapproche désormais du seuil communautaire de 70 % du produit intérieur brut fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Le Gabon, cinquième économie de la sous-région, avait pourtant construit sa réputation sur une gestion prudente de ses ratios macroéconomiques dans les années 2000.
La donne s’est inversée sous l’effet cumulé de la chute des cours du brut en 2014, de la crise sanitaire, puis du gonflement du service de la dette intérieure logée dans les banques locales et sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Les défis pour Libreville
Le général Brice Clotaire Oligui Nguema a fait de la restauration des équilibres budgétaires un axe affiché de son programme économique depuis son arrivée au pouvoir en août 2023. Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a annoncé plusieurs audits de la dette, notamment sur les paiements intérieurs accumulés auprès des fournisseurs de l’État et des collectivités.
Les autorités gabonaises doivent maintenant concilier discipline de dépense, mobilisation des recettes non fiscales et renégociation ciblée du stock. Un équilibre exigeant, mais déterminant pour la crédibilité du pays sur les marchés régionaux et internationaux.
Les secteurs exportateurs, leviers de recettes
La capacité du Gabon à absorber ce fardeau dépend étroitement de la performance de ses secteurs exportateurs. Le pétrole demeure le pilier des recettes budgétaires, avec une production qui oscille autour de 200 000 barils par jour.
Le manganèse, dont Libreville est un producteur mondial de premier rang à travers la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), apporte une contribution croissante, portée par la demande asiatique.
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