28 avril 2026

Kémi Séba : influenceur panafricain au cœur des tensions géopolitiques

Qui est Kémi Séba, cette figure controversée de l’influence russe en Afrique ?

En Afrique francophone, Kémi Séba incarne une voix puissante, mêlant panafricanisme et rhétorique anti-occidentale. Ce militant béninois, suivi par plus d’un million de personnes sur Facebook, ne passe pas inaperçu. Ses vidéos cumulent des centaines de milliers de vues sur YouTube, et ses meetings attirent des milliers de partisans. Récemment, il a partagé un message enflammé sur X (ex-Twitter) : « Plus de nationalité française, gloire à Dieu. Libéré je suis de ce fardeau ».

Cette déclaration fait suite à son décret de déchéance de la nationalité française, publié au Journal officiel le 9 juillet. Une décision qui marque un tournant dans sa trajectoire, après des années d’activisme marqué par des positions radicales.

Un militant panafricain aux prises de position radicales

Né il y a 42 ans au Bénin, Kémi Séba – de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi – s’est fait connaître pour ses discours anti-occidentaux. Ancien leader de la Tribu Ka, un groupe dissous en 2006 pour incitation à la haine raciale et propos antisémite, il se présente aujourd’hui comme un révolutionnaire africain du XXIe siècle.

Son influence ne se limite pas aux réseaux sociaux : il organise des conférences internationales en Russie, au Venezuela, en Iran ou encore au Brésil. En 2023, il a même participé au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg, aux côtés de Vladimir Poutine.

Un relais présumé de la propagande russe en Afrique

Selon plusieurs sources, dont Jeune Afrique, Kémi Séba aurait bénéficié du soutien financier et logistique du groupe Wagner, dirigé par Evgueni Prigojine jusqu’à sa mort en août 2023. Ce dernier, chargé par le Kremlin de renforcer l’influence russe sur le continent, aurait directement commandité certaines de ses actions.

En France, il est régulièrement accusé d’être un relais de la propagande russe. En 2023, le président de la commission Défense de l’Assemblée nationale l’a qualifié de « relais de la propagande russe », soulignant son rôle dans la diffusion d’un « sentiment anti-français ».

Ses cibles : la Françafrique et le franc CFA

Kémi Séba concentre ses critiques sur deux symboles de l’héritage colonial français en Afrique : la Françafrique et le franc CFA, qu’il qualifie de « monnaie coloniale ». Sans jamais reconnaître son alignement sur Moscou, il soutient systématiquement les pays africains qui se tournent vers la Russie après avoir rompu avec la France.

Il a ainsi applaudi les coups d’État au Niger, au Mali et au Burkina Faso, déclarant récemment : « D’autres pays vont rejoindre cette dynamique-là, on y travaille fortement ».

Une figure clivante, entre adoration et condamnation

Pour ses partisans, Kémi Séba est un défenseur de la souveraineté africaine. Ses détracteurs, eux, le considèrent comme un agent d’influence au service d’intérêts étrangers. Son influence grandissante en Afrique francophone en fait une personnalité incontournable – et controversée – du paysage médiatique et politique continental.

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