21 mai 2026

Le Reveil Noir

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Le Niger prend le contrôle total de son uranium avec la création de tsco sa

Le Niger a franchi une nouvelle étape vers sa souveraineté minière en officialisant, lors d’un Conseil des ministres tenu à Niamey, la création de la société nationale Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Parallèlement, les autorités ont retiré la concession d’exploitation détenue par le groupe français Orano sur le site historique d’Arlit, mettant ainsi un terme à plus de cinquante ans de domination étrangère dans l’extraction de l’uranium nigérien. Cette décision, validée sous l’autorité du général Abdourahamane Tiani, président de la République, s’inscrit dans une logique de récupération des richesses nationales.

TSUMCO SA hérite désormais des actifs de la SOMAÏR, nationalisée en 2025, et prend en charge l’un des plus grands gisements d’uranium au monde. Les estimations disponibles indiquent des réserves dépassant les 200 000 tonnes, un atout stratégique pour l’économie du pays.

une transition progressive initiée depuis 2023

La rupture avec Orano s’inscrit dans un processus progressif engagé après les événements politiques de juillet 2023. Les autorités nigériennes ont agi par étapes : suppression du permis d’exploitation en 2024, nationalisation complète de la SOMAÏR en 2025, puis création de TSUMCO SA en 2026. Le choix du nom Teloua, en hommage à la nappe phréatique située sous l’ancienne mine COMINAK, symbolise cette volonté de reconquête. Le gouvernement pointe du doigt les négligences passées d’Orano, accusé d’avoir laissé des millions de tonnes de déchets radioactifs sur les sites exploités depuis les années 1970, avec des conséquences graves pour les populations locales et l’environnement.

Orano dénonce et bloque les exportations

Le géant français, contrôlé à plus de 90 % par l’État français, a réagi en engageant des procédures d’arbitrage international. Un tribunal arbitral a ordonné à Niamey de suspendre la commercialisation de l’uranium issu de la SOMAÏR, dont les stocks s’élèveraient à environ 1 300 tonnes de concentré, représentant une valeur potentielle de 250 millions d’euros selon les estimations d’Orano. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, a dénoncé ces recours comme une forme de « pression judiciaire abusive ».

La résolution de ce litige sera déterminante pour TSUMCO SA, car elle conditionnera sa capacité à exporter sa production sur les marchés internationaux. Aucune date précise n’a encore été annoncée concernant l’issue de ces procédures.