23 mai 2026

Le Reveil Noir

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Le premier ministre sénégalais fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité

le premier ministre sénégalais fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko prononce un discours lors d'une conférence à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar
Depuis le début du mois de mars, le Sénégal durcit sa législation contre les relations homosexuelles, avec une peine maximale portée à dix ans de prison.

Lors d’une intervention devant les députés ce vendredi 22 mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « pression insupportable » exercée par l’Occident pour imposer ses valeurs sociétales au reste du monde. Il a catégoriquement rejeté l’idée d’un moratoire sur l’application de la nouvelle loi sénégalaise, malgré les appels à la modération formulés par des voix extérieures.

Le texte, adopté début mars puis promulgué fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, alourdit les sanctions contre les relations entre personnes du même sexe. Ces dernières sont désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement. Cette mesure s’inscrit dans un contexte où l’homophobie gagne du terrain au Sénégal, accompagné d’une série d’arrestations liées à des soupçons d’homosexualité.

« Nous sommes huit milliards d’humains sur cette planète. Pourtant, une poignée de pays occidentaux, malgré leurs propres débats internes, cherchent à nous imposer une vision qui n’est pas la nôtre. Au nom de quel droit ? », a lancé Ousmane Sonko avec fermeté. Il a ajouté : « S’ils ont fait ce choix pour eux-mêmes, libre à eux. Mais nous n’avons aucune leçon à recevoir de leur part, surtout pas de la France qui, une fois de plus, s’immisce dans nos affaires intérieures. »

Le chef du gouvernement sénégalais a souligné que « aucun pays asiatique, africain ou arabe ne s’est élevé contre cette loi », en opposition directe avec les positions occidentales. « Si la loi doit être renforcée, elle le sera », a-t-il prévenu, avant d’exiger une application « totale, impersonnelle et rigoureuse » de la part de la justice. L’objectif affiché reste clair : « mettre fin à la propagation de ces pratiques » dans le pays.

Refus catégorique d’un moratoire sur la loi

Ousmane Sonko a balayé d’un revers de main les demandes de suspension de la loi, formulées par un collectif de personnalités d’origine africaine dans une tribune publiée mi-mai. Ces dernières dénonçaient un « climat de peur, de haine et de violence » ayant émergé depuis l’adoption du texte.

« Il n’y aura pas de moratoire. Une partie de nos élites sont encore sous l’emprise d’un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Occident », a-t-il rétorqué. Les relations entre personnes de même sexe sont considérées comme une déviance dans la société sénégalaise, où cette répression accrue s’inscrit dans une stratégie politique porteuse, selon le camp au pouvoir.