11 mai 2026

Lutte contre le paludisme au Mali : premier bilan du vaccin R21 à Kayes et Mopti

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La lutte contre le paludisme au Mali franchit une étape historique. Grâce au déploiement du vaccin R21/Matrix-M, une solution préventive validée par l’OMS, les régions de Kayes et Mopti expérimentent actuellement un protocole sanitaire d’avant-garde. Alliant rigueur scientifique et suivi de proximité, ce nouveau bouclier médical protège désormais des milliers de jeunes enfants maliens.

Le Mali réaffirme son rôle de pionnier en matière de santé publique sur le continent. Avec le concours de l’OMS, de Gavi et de l’UNICEF, le pays a intégré l’immunisation contre le paludisme dans son Programme Élargi de Vaccination (PEV). Ce déploiement stratégique se concentre sur 19 districts prioritaires, incluant Mopti et Kayes, en s’appuyant sur une méthodologie de pointe.

La stratégie hybride : une réponse adaptée au climat

Pour maximiser l’impact de cette intervention, les autorités maliennes ont adopté une approche hybride unique. Ce modèle combine deux modes d’administration pour une protection optimale :

  • Vaccination par tranche d’âge : Elle permet d’établir une immunité de base dès le plus jeune âge.
  • Administration saisonnière : Les doses sont injectées juste avant la période de forte transmission liée à l’hivernage, assurant une protection maximale au moment où la présence des moustiques est la plus intense.

Kayes et Mopti : des zones pilotes sous haute surveillance

Le choix de Kayes et Mopti repose sur des impératifs épidémiologiques précis. Ces régions servent de laboratoires pour tester l’efficacité du système de santé national. À Mopti, une coordination exemplaire entre les services médicaux et les partenaires internationaux a permis une distribution fluide des vaccins. À Kayes, l’accent est mis sur la mobilisation sociale pour garantir que les doses de rappel, indispensables à l’efficacité du R21, soient administrées dans les délais impartis.

Une protection renforcée, mais non exclusive

Les experts de santé rappellent que le vaccin R21/Matrix-M constitue un outil supplémentaire et non substitutif. Il doit être utilisé en complément des autres moyens de prévention :

  • Moustiquaires imprégnées : Elles demeurent le rempart principal contre les piqûres nocturnes.
  • Chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) : Le vaccin agit en synergie avec les traitements préventifs déjà en place.

Un espoir pour la survie de l’enfant

L’introduction massive de ce vaccin vise une diminution radicale de la mortalité infantile, particulièrement chez les moins de 5 ans qui sont les plus vulnérables face à la maladie. Le succès de cette phase initiale à Kayes et Mopti est déterminant pour l’extension future du programme à l’ensemble du territoire malien.