16 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Maroc : ali lmrabet libéré après son arrestation, rsf maintient sa vigilance

Maroc : Ali Lmrabet recouvre sa liberté, mais le combat pour la presse indépendante continue

Le journaliste indépendant franco-marocain Ali Lmrabet a été remis en liberté ce mercredi 15 juillet, trois jours après son interpellation à l’aéroport de Tanger. Cette décision intervient après son audition par le procureur du Roi auprès du tribunal correctionnel de Casablanca. Reporters sans frontières (RSF) a salué cette libération tout en rappelant que l’enquête ouverte contre lui se poursuit.

Une libération saluée, mais des charges toujours en suspens

Nous nous réjouissons de la libération d’Ali Lmrabet et du retour de son matériel professionnel. Cependant, cette avancée ne doit pas occulter le fait que l’enquête contre lui reste active et que les accusations de ‘diffusion présumée de contenus numériques jugés diffamatoires envers des personnes et des institutions’ n’ont pas été levées. RSF exige des autorités marocaines qu’elles clôturent définitivement ce dossier.

Oussama Bouagila
Directeur du bureau Afrique du Nord de RSF

Des biens restitués, mais une procédure judiciaire toujours en cours

Lors de son arrestation le 12 juillet, le matériel de travail d’Ali Lmrabet – deux ordinateurs, un périphérique de stockage et un téléphone portable – avait été saisi. Le communiqué du procureur du Roi publié le 15 juillet confirme leur restitution, tout en précisant que des expertises techniques seront menées dans le cadre de l’enquête. Les autorités marocaines laissent entendre que des « mesures légales appropriées » pourraient être prises à l’issue de la procédure.

Le journaliste défend son travail et dénonce un harcèlement ciblé

De retour à la liberté, Ali Lmrabet a partagé son témoignage auprès de RSF :

Je ne fais que du journalisme, sans lien avec quelque parti ou idéologie que ce soit. Mon travail respecte les standards internationaux. Je n’ai jamais été condamné pour diffamation, injure ou atteinte à des personnes, que ce soit en France, en Espagne ou au Maroc. Le fait de pratiquer un journalisme indépendant, qui dérange certaines structures étatiques ou sécuritaires, semble déranger beaucoup de monde. Mais c’est mon métier : j’en vis, et je ne fais que du journalisme professionnel.

Son épouse, Laura Feliu, a également réagi à cette libération :

Cette arrestation n’avait aucun fondement juridique, y compris selon le droit marocain. Les faits reprochés auraient été commis hors du territoire national. Nous espérons que ce dossier sera classé sans suite et qu’Ali pourra enfin circuler librement, comme tout citoyen marocain.

Un symbole de la liberté de la presse au Maroc

Figure reconnue pour son engagement critique, Ali Lmrabet a été interpellé à son arrivée à Tanger avant d’être transféré à Casablanca pour une garde à vue de 24 heures. Les autorités justifient cette mesure par une enquête pour « diffusion présumée de contenus numériques jugés diffamatoires envers des personnes et des institutions ».

Cette affaire survient dans un contexte où le Maroc occupe la 105ᵉ place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 établi par RSF.