17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Niger : Amnesty International s’alarme de la disparition de Samira Sabou

Amnesty International, par la voix d’Ousmane Diallo, chercheur spécialisé sur le Sahel pour son bureau régional de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a vivement réagi à l’enlèvement de Samira Sabou. Cette journaliste et blogueuse nigérienne a été emmenée de force depuis son domicile le 30 septembre par des individus masqués se présentant comme des agents des services de sécurité.

« Nous sommes profondément préoccupés par la disparition forcée de Samira Sabou. Nous exhortons le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à divulguer sans délai son lieu de détention et à garantir sa libération prompte et inconditionnelle. Si les autorités n’ont pas connaissance de son emplacement, il est impératif qu’elles mènent une enquête immédiate pour le déterminer. Chaque jour d’incertitude représente une violation supplémentaire des droits de Samira Sabou à la liberté et à un procès équitable, l’exposant également à des risques de torture ou autres traitements inhumains. »

Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel, Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

Samira Sabou est reconnue pour son engagement fervent en faveur des droits humains et sa lutte contre la corruption. Sa disparition forcée est très probablement imputable à son activisme prononcé et à ses critiques récentes concernant des arrestations arbitraires orchestrées par le CNSP.

« Le Niger, en tant qu’État signataire de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, est tenu de respecter ses engagements. Nous rappelons avec insistance au CNSP ses obligations en matière de droits humains, tant au niveau national qu’international, incluant l’interdiction formelle des disparitions forcées et la garantie des libertés d’expression et de la presse. De surcroît, il est essentiel de protéger les défenseurs des droits humains, dont les prérogatives sont établies par les articles 4, 6 et 7 de la loi de juin 2022 relative à leurs droits et devoirs, en parfaite conformité avec le droit international. »

Contexte de la disparition de Samira Sabou

Samira Sabou occupe une position de journaliste influente, de militante engagée et de présidente de l’association des blogueurs du Niger. Les faits remontent au 30 septembre 2023, lorsqu’elle a été appréhendée au domicile de sa mère, situé à Niamey. Son arrestation a été menée par plusieurs individus masqués, se présentant comme des membres des forces de sécurité. Ces hommes ont exhibé leurs cartes professionnelles, puis ont contraint Samira à les suivre dans un véhicule. Une fois à bord, elle a été cagoulée et transportée vers une localité inconnue de ses proches et de son conseiller juridique. Depuis cet événement, ni sa famille ni son avocat n’ont pu établir de contact avec elle, ni obtenir d’informations sur son lieu de détention. Étonnamment, le service des enquêtes criminelles de la police de Niamey a déclaré n’avoir aucune connaissance de cette affaire.

Cet incident n’est pas isolé ; d’autres atteintes aux droits fondamentaux ont récemment ciblé des individus ayant simplement fait usage de leur liberté d’expression.

À titre d’exemple, le 3 octobre, Samira Ibrahim, une influenceuse des réseaux sociaux également identifiée sous le pseudonyme « Precious Mimi », a écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 300 000 francs CFA (soit environ 479 USD). La condamnation portait sur des accusations de « production de données susceptibles de troubler l’ordre public ». Ces poursuites découlaient d’une publication sur Facebook où elle évoquait la non-reconnaissance du nouveau gouvernement nigérien par l’Algérie.