Lors d’un rassemblement militant à Touba, Ousmane Sonko a opéré un virage spectaculaire dans son discours concernant le Conseil constitutionnel. Quelques jours seulement après avoir appelé au respect de ses décisions, le leader de Pastef a adopté un ton radicalement opposé. Cette volte-face, survenue après l’annulation par les Sages d’un texte parlementaire, a de quoi surprendre.

De l’apaisement à la critique acerbe : le revirement d’Ousmane Sonko
Le 5 juin dernier, après l’invalidation par le Conseil constitutionnel d’une loi adoptée par l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko s’était exprimé avec modération. Il avait alors salué le rôle des institutions et souligné l’importance du respect des décisions rendues, affirmant : « Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir. »
Pourtant, lors de l’inauguration du siège de Pastef à Touba, le leader politique a radicalement changé de ton. Devant une foule en liesse, il a dénoncé avec véhémence la décision des sept membres du Conseil constitutionnel. « Le Conseil ne peut pas imposer que les députés votent des lois qui plaisent au président », a-t-il lancé, qualifiant la situation de « grave ».
Une attaque directe contre les pratiques institutionnelles
Ousmane Sonko n’a pas épargné le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qu’il accuse de « saisir systématiquement le Conseil constitutionnel chaque semaine ». Cette critique vise à mettre en lumière ce qu’il considère comme une dérive des institutions, où le pouvoir exécutif chercherait à instrumentaliser le Conseil constitutionnel pour contourner le Parlement.
Son discours, plus combatif que jamais, reflète une stratégie politique en pleine mutation. Alors que certains y voient une volonté de mobiliser sa base militante, d’autres s’interrogent sur les motivations profondes de ce changement soudain. Une chose est sûre : cette prise de position a relancé le débat sur l’équilibre des pouvoirs au Sénégal.
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