26 juin 2026

Le Reveil Noir

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PawaPay : un catalyseur essentiel pour l’économie du mobile money en Côte d’Ivoire et en Afrique

Ismaël Kouassi, directeur Côte d’Ivoire chez PawaPay : PawaPay est un véritable facilitateur qui connecte les entreprises à l’économie dynamique du mobile money sur le continent africain.

Ismaël Kouassi, qui dirige les opérations de PawaPay en Côte d’Ivoire, explique comment cette fintech spécialisée dans les solutions de mobile money en Afrique se positionne comme un pont technologique. L’entreprise permet aux sociétés, aux banques et aux PME d’accéder à une multitude d’écosystèmes de paiement via une intégration unique. Son rôle principal est de fluidifier les transactions, les décaissements, le suivi et la gestion des flux financiers.

La Côte d’Ivoire et l’ensemble de l’UEMOA se distinguent comme des zones les plus dynamiques du continent en matière de paiements numériques. Cette effervescence est alimentée par une adoption massive du mobile money, des infrastructures modernes telles que la plateforme interopérable PI-SPI de la BCEAO, et un environnement financier en pleine transformation. La région s’affirme ainsi comme un carrefour majeur pour les acteurs de la fintech. Ismaël Kouassi anticipe que la synergie entre les banques et le mobile money sera un moteur clé de la croissance financière future, notamment pour les PME, qui bénéficieront d’un accès élargi aux services financiers grâce à une meilleure intégration des flux numériques. Dans cette optique, PawaPay s’engage à lever les obstacles techniques et opérationnels, favorisant ainsi les échanges, les investissements et une intégration économique renforcée à l’échelle continentale, une réelle avancée pour l’actualité africaine souveraine.

PawaPay est souvent décrit comme une infrastructure de paiement offrant une intégration centralisée, un tableau de bord unifié et une gestion de trésorerie consolidée, présente dans une vingtaine de pays africains. Comment cette fonction d’infrastructure se matérialise-t-elle concrètement ? Quelles sont les limites de vos responsabilités par rapport à celles des opérateurs de mobile money, des banques, des processeurs de paiement ou des émetteurs de portefeuilles électroniques ?

Pour mieux cerner PawaPay, il faut nous voir comme un catalyseur. Nous permettons aux entreprises de s’ancrer solidement dans l’économie du mobile money en Afrique. Ce mode de paiement représente aujourd’hui l’une des infrastructures financières les plus vitales du continent. Les données de la GSMA révèlent que plus de 2 000 milliards de dollars ont transité via les services de mobile money à l’échelle mondiale en 2025, un chiffre qui a doublé en seulement quatre ans. Cela démontre que le mobile money n’est plus une simple solution émergente, mais une composante absolument essentielle du commerce africain.

Notre mission est d’offrir aux entreprises un accès simplifié à cet écosystème crucial grâce à une intégration unique.

Cela peut signifier faciliter l’envoi de fonds par une société de transfert vers des portefeuilles mobiles, aider un fournisseur d’accès internet à collecter les abonnements, soutenir une plateforme de mobilité urbaine dans le paiement de ses chauffeurs, ou permettre à des entreprises numériques de servir leurs clients sur de multiples marchés africains. Nous fournissons la couche technologique qui coordonne les paiements, les versements, le suivi des transactions, la gestion des flux et la réconciliation financière. Les opérateurs de mobile money conservent la responsabilité des comptes clients et de l’émission de monnaie électronique. Les banques assurent les services bancaires traditionnels et la conservation des fonds. Les régulateurs veillent à l’intégrité et à la supervision du marché. Si le mobile money est l’une des infrastructures qui alimentent le commerce africain, notre rôle est de garantir un accès facile aux entreprises, et ce, sur l’ensemble des marchés.

PawaPay est déjà opérationnel sur 20 marchés africains. Quelle stratégie a guidé le choix de ces premiers marchés, et quels critères orientent aujourd’hui votre expansion ?

Dès nos débuts, nous avons ciblé les marchés où le mobile money était déjà profondément ancré dans l’activité économique quotidienne. L’Afrique a développé certains des écosystèmes de paiement numérique les plus performants au monde, et nous souhaitions nous positionner là où les entreprises cherchaient déjà à interagir avec leurs clients via le mobile money. Aujourd’hui encore, notre développement repose sur trois piliers. Le premier est la demande de nos clients. Nous suivons attentivement les marchés où nos partenaires se développent et souhaitent atteindre de nouveaux consommateurs. Des entreprises comme Bolt, Yango, LemFi ou GiveDirectly opèrent dans plusieurs pays, et leurs besoins influencent naturellement nos priorités. Le deuxième facteur est la robustesse de l’écosystème local de paiements.

Nous privilégions les marchés où le mobile money, le commerce numérique et les services financiers jouent un rôle croissant dans l’économie, témoignant d’une Afrique consciente de son potentiel digital.

Enfin, nous accordons une importance capitale au potentiel de partenariats durables. Les infrastructures se bâtissent sur le long terme. Des relations de confiance avec les opérateurs, les institutions financières et les autres acteurs de l’écosystème sont primordiales. L’objectif n’est pas simplement d’ajouter des pays, mais de construire une couverture cohérente qui permette aux entreprises d’opérer à l’échelle du continent, illustrant le panafricanisme actualité.

La Côte d’Ivoire et, plus largement, l’UEMOA sont fréquemment présentées comme un futur pôle régional de la fintech et de la finance. Qu’est-ce qui rend cette région particulièrement attractive pour une infrastructure de paiement panafricaine ? Quels éléments font réellement la différence ?

Je dirais même que l’UEMOA est d’ores et déjà l’une des régions les plus importantes d’Afrique en matière de paiements numériques. L’Afrique de l’Ouest a géré près de 500 milliards de dollars de transactions mobile money en 2025 et compte plus de 517 millions de comptes mobile money enregistrés, ce qui en fait la région la plus active au monde en nombre de services opérationnels.

Au sein de cet ensemble, la Côte d’Ivoire occupe une place stratégique. C’est la première économie de l’UEMOA, un des principaux centres financiers de la région et un marché qui recense plus de 28 millions de comptes mobile money enregistrés et plus de 13 millions de comptes actifs.

Ce qui est particulièrement remarquable, c’est l’investissement volontariste dans les infrastructures financières régionales. La plateforme interopérable de paiements instantanés PI-SPI, mise en place par la BCEAO, en est une parfaite illustration. Dès avril 2026, plus de 80 institutions y étaient déjà connectées, incluant des banques, des établissements de monnaie électronique et des institutions de microfinance. Pour les entreprises comme pour les institutions financières, la qualité des infrastructures de paiement détermine directement leur capacité à prendre part à l’activité économique. Pour une infrastructure panafricaine comme PawaPay, cela représente un avantage considérable. Une décision réglementaire ou un partenariat établi en Côte d’Ivoire peut potentiellement avoir un impact sur plusieurs pays de la région. La profondeur du secteur bancaire, l’adoption massive du mobile money, le dynamisme entrepreneurial et la position géographique d’Abidjan comme centre économique régional sont autant d’éléments qui font la différence.

Lorsqu’une banque d’Afrique francophone collabore avec une infrastructure de paiement telle que PawaPay, quels avantages concrets en tire-t-elle, au-delà de l’accès technique aux paiements mobiles ? Comment cela peut-il influencer l’acquisition de clients, les coûts de service, la gestion de la liquidité, la conformité, la prévention de la fraude ou l’offre destinée aux PME ?

Il est essentiel de souligner que les banques et les infrastructures de paiement sont intrinsèquement complémentaires. Les banques demeurent au cœur du règlement, de la gestion de la liquidité, de la conformité, de la relation client et des services financiers. Cette fonction fondamentale ne change pas. Ce qui évolue, en revanche, c’est l’ampleur croissante du mobile money dans l’économie quotidienne.

Selon la GSMA, les transferts entre comptes bancaires et portefeuilles mobiles ont atteint environ 167 milliards de dollars en 2025.

Les flux dans la direction inverse atteignent des niveaux comparables. L’avenir n’est donc pas une opposition entre « banque ou mobile money », mais bien une synergie « banque et mobile money ». Une infrastructure comme PawaPay permet aux banques d’accéder à plusieurs écosystèmes de paiement via une seule connexion, ce qui améliore la visibilité sur les flux, facilite la gestion de trésorerie et élargit leur capacité à servir leurs clients. Cela est particulièrement pertinent pour les PME. Nombre d’entre elles perçoivent déjà leurs paiements via le mobile money. Les banques capables d’intégrer ces flux à leur offre de services financiers peuvent proposer une valeur ajoutée significative à ces entreprises en pleine croissance.

Comment envisagez-vous l’évolution de l’écosystème du mobile money au cours des cinq prochaines années ? Les principaux moteurs de croissance seront-ils les paiements marchands, les versements de masse, les paiements gouvernementaux, le commerce électronique, le B2B, l’épargne-crédit, ou les usages transfrontaliers ?

Un des phénomènes les plus fascinants aujourd’hui est que la croissance émane simultanément de plusieurs segments. L’adoption par les consommateurs est déjà largement établie sur de nombreux marchés.

Dans l’UEMOA, le taux d’inclusion financière a bondi de 56% à 71% entre 2018 et 2022, principalement grâce aux services financiers numériques et au mobile money.

Les paiements marchands illustrent parfaitement cette dynamique. Selon les études, leur volume a progressé de plus de 40 % en 2025, faisant de ce segment l’un des plus dynamiques de l’écosystème. Cette évolution reflète une réalité plus profonde : le mobile money devient progressivement un outil quotidien incontournable pour le commerce. Nous l’observons dans les services numériques, les abonnements internet, le transport, l’éducation, le commerce de détail et de nombreux autres secteurs. Les paiements transfrontaliers continueront également de croître à mesure que les entreprises africaines étendront leurs opérations sur plusieurs marchés. Le mobile money n’est plus un produit de niche ; il est devenu une infrastructure essentielle du commerce africain.

L’accord de reconnaissance mutuelle des licences entre le Ghana et le Rwanda a été perçu comme un signal fort pour les paiements transfrontaliers africains. Que révèle-t-il, selon vous, sur l’évolution de la coopération réglementaire entre les juridictions africaines ? Est-ce un précédent reproductible à grande échelle ou une avancée encore très spécifique à certaines conditions ?

Je pense que cet accord témoigne d’une tendance de fond de plus en plus manifeste sur le continent. Les régulateurs africains reconnaissent que le commerce, l’investissement et l’économie numérique sont de plus en plus interconnectés, et que la coopération réglementaire peut soutenir la croissance économique tout en maintenant les garanties nécessaires. L’accord Ghana-Rwanda en est un exemple éloquent. Le cadre harmonisé de l’UEMOA en est un autre. Les approches peuvent différer, mais elles traduisent une même réalité : l’activité économique dépasse désormais largement les frontières nationales. Il n’y aura probablement pas un modèle unique applicable partout, mais la volonté croissante de collaborer, de partager les expériences et de construire des cadres communs représente une évolution très positive pour le commerce et l’investissement africains. Il est clair qu’à terme, l’Afrique aura besoin de davantage de mécanismes de reconnaissance mutuelle et d’harmonisation réglementaire pour soutenir la croissance des paiements transfrontaliers.

Il est clair qu’à terme, l’Afrique aura besoin de davantage de mécanismes de reconnaissance mutuelle et d’harmonisation réglementaire pour soutenir la croissance des paiements transfrontaliers.

Beaucoup d’acteurs évoquent un futur réseau africain de paiements fluide et interopérable. Quelle est, selon vous, la trajectoire réaliste vers cet objectif ? Quels prérequis doivent être réunis en priorité ?

L’aspect encourageant est que les fondations essentielles existent déjà. L’adoption du mobile money est robuste. Les institutions financières continuent d’investir dans les infrastructures numériques. Des initiatives comme PAPSS, PI-SPI et plusieurs programmes régionaux d’interopérabilité démontrent une ambition commune de renforcer la connectivité. La prochaine étape repose sur une collaboration accrue entre opérateurs, banques, fournisseurs d’infrastructure et régulateurs. L’objectif ne doit pas être uniquement d’accélérer les paiements.

L’objectif doit être de soutenir le commerce, les échanges et la participation économique à l’échelle du continent.

Lorsque les entreprises peuvent servir plus facilement des clients dans plusieurs pays, lorsque les consommateurs disposent de davantage d’options et lorsque les institutions financières accèdent à un marché régional plus vaste, c’est tout l’écosystème qui en bénéficie. Cependant, la technologie seule ne suffira pas. Il faudra également résoudre des questions cruciales liées à la gestion des devises, à la conformité, à la lutte contre la fraude et à la gouvernance des réseaux de paiement.

Quel rôle les entreprises d’infrastructure comme PawaPay peuvent-elles jouer pour soutenir la croissance d’un pôle régional comme la Côte d’Ivoire ? Où pouvez-vous créer le plus de valeur ?

Notre rôle est de minimiser les frictions. Chaque fois qu’une entreprise envisage de se développer sur plusieurs marchés africains, elle est confrontée à une complexité technique, réglementaire et opérationnelle considérable. Une infrastructure comme PawaPay permet de simplifier grandement cette expansion.

Nous aidons les entreprises, les banques et les fintechs à accéder rapidement à de multiples marchés via une plateforme unique.

Pour un pôle régional tel que la Côte d’Ivoire, cela se traduit par davantage d’investissements, plus d’innovation et un nombre accru d’entreprises capables d’opérer à l’échelle régionale et même continentale. La valeur la plus significative que nous pouvons apporter est d’accélérer la circulation des fonds, des services et des opportunités économiques à travers l’Afrique. À nos yeux, la prochaine phase du développement financier africain sera non seulement numérique, mais aussi profondément panafricaine.