photographie malienne : l’art de révéler une crise humanitaire
Aujourd’hui au Mali, 6,4 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire et de la protection. Plus de 400 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, principalement des femmes et des enfants. 1,5 million de personnes subissent une crise alimentaire tandis que 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë. Derrière ces statistiques se cachent des réalités humaines : familles déplacées, humanitaires engagés, enfants vulnérables.
Pour sensibiliser le public à cette crise oubliée, sept organisations humanitaires dont Action contre la Faim ont organisé une exposition du photographe malien Tiécoura N’Daou. Intitulée « Mali : regards personnels sur la crise humanitaire », cette collection d’images a pour but de révéler l’humanité derrière les chiffres. Rencontre avec un artiste qui allie photographie, enseignement et recherche au Mali.
l’approche artistique de tiécoura n’daou : entre révélation et pédagogie
Tiécoura N’Daou ne se contente pas de capturer des images : il les pèse, littéralement et métaphoriquement. Son exposition « Mali : regards personnels sur la crise humanitaire » — présentée à Berlin — met en lumière des histoires personnelles liées à la crise. Artiste engagé, il utilise la photographie comme outil de sensibilisation et de formation.
En tant qu’enseignant et chercheur au Mali, Tiécoura N’Daou partage une vision unique : celle d’un photographe qui mesure l’impact émotionnel de chaque cliché avant même de déclencher son appareil. Son approche repose sur trois piliers :
- la révélation : attirer l’attention sur une crise humanitaire souvent ignorée par les médias internationaux ;
- la pédagogie : enseigner aux étudiants en journalisme ou en arts visuels comment structurer un reportage photographique pour maximiser son impact ;
- la recherche : étudier les liens entre la photographie, la mémoire collective et la construction identitaire au Mali et en Afrique de l’Ouest.
Son exposition, fruit d’une collaboration entre organisations humanitaires et artistes locaux, a pour objectif de :
- donner une voix aux populations touchées par la crise ;
- montrer l’humanité derrière les déplacements forcés ;
- révéler la beauté des paysages malien malgré la crise sécuritaire et humanitaire.
des chiffres aux visages : l’exposition qui marque les esprits
Derrière les 1,5 million de déplacés et les 4 millions de personnes en insécurité alimentaire se cachent des histoires individuelles. L’exposition de Tiécoura N’Daou met en avant :
- les témoignages de femmes et d’enfants déplacés ;
- les portraits d’humanitaires et de bénévoles engagés sur le terrain ;
- les paysages ruraux et urbains du Mali, révélant la diversité culturelle et naturelle du pays.
Son travail photographique ne se limite pas à documenter une crise : il vise à changer les perceptions et à inspirer des actions concrètes. En mesurant le poids de chaque image — avant même de déclencher son appareil — Tiécoura N’Daou applique une philosophie où chaque cliché compte.
Yaoundé : quand la boulangerie locale devient un enjeu national
À Yaoundé, une odeur inhabituelle flotte dans l’air : celle du pain artisanal à base de farines locales. Récemment, un concours d’excellence en boulangerie a été organisé, mettant en lumière une tendance croissante : l’utilisation de ressources locales dans l’alimentation quotidienne.
Ce rendez-vous gourmand, orchestré par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) en partenariat avec l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC), avait un objectif clair : promouvoir l’innovation boulangère avec des ingrédients 100 % camerounais. Un reportage signé Élisabeth Asen.
Parmi les participants, certains ont révélé des astuces inédites :
- l’ajout de graines de courge dans la pâte à pain pour renforcer les apports nutritionnels ;
- l’utilisation de patate douce fermentée comme alternative à la levure industrielle ;
- la création de pains à base de mil et de sorgho, deux céréales naturellement riches en protéines.
Le jury, composé de boulangers professionnels et de nutritionnistes, a évalué les créations selon trois critères :
- le goût et l’arôme du pain ;
- la texture et la consistance de la mie ;
- l’impact nutritionnel et environnemental de l’utilisation des farines locales.
Ce concours s’inscrit dans une dynamique plus large au Cameroun : celle de la valorisation des produits agricoles locaux et de la réduction de la dépendance aux importations alimentaires.
les farines locales : un levier pour l’économie et la santé
L’engouement pour les farines locales au Cameroun n’est pas anodin. Ces ressources offrent des avantages multiples :
- elles soutiennent les petits producteurs agricoles et renforcent les filières locales ;
- elles améliorent la sécurité alimentaire grâce à une disponibilité accrue des nutriments essentiels ;
- elles réduisent les coûts liés aux importations de blé et de farine de blé, souvent volatils sur les marchés internationaux.
Des associations comme le SAILD et l’ACDIC militent pour une adoption massive de ces pratiques dans l’industrie alimentaire camerounaise et au-delà.
En somme, que ce soit à travers le prisme artistique de Tiécoura N’Daou au Mali ou les initiatives culinaires innovantes au Cameroun, les enjeux humanitaires, économiques et culturels se révèlent à travers des images et des saveurs qui pèsent bien plus que de simples détails.
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