Les juntes militaires en Afrique de l’Ouest resserrent leur emprise sur le pouvoir en 2025
En 2025, les dirigeants des pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont accentué leur politique de répression contre les libertés fondamentales, tout en consolidant leur contrôle sur les institutions politiques. Cette tendance, analysée dans le Rapport mondial 2026, révèle une détérioration alarmante de la situation des droits humains dans la région.
Une répression accrue contre les libertés et la démocratie
Les juntes militaires du Sahel ont durci leur politique de restriction des libertés d’expression et d’association, tout en marginalisant les organes régionaux et internationaux chargés de veiller au respect des droits humains. Cette stratégie vise à étouffer toute opposition et à prolonger indéfiniment les périodes de transition vers un régime démocratique.
« Les juntes militaires de la région du Sahel multiplient les mesures répressives à l’encontre des libertés fondamentales, sans tenir compte des engagements pris en faveur de la démocratie. » Cette déclaration de Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch, met en lumière l’urgence d’une réponse coordonnée pour protéger les droits des citoyens et ouvrir un espace politique plus inclusif.
Des attaques ciblées contre les civils et les institutions
Les populations civiles sont les premières victimes de cette escalade de violence. Les groupes armés islamistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), multiplient les attaques meurtrières au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Parallèlement, les forces gouvernementales et leurs alliés, comme le groupe Wagner (devenu « Africa Corps »), sont accusés d’exécutions sommaires, notamment contre des civils peuls.
Au Nigeria, la résurgence de la faction de Boko Haram dans l’État de Borno s’accompagne de violences perpétrées par des gangs criminels dans le nord-ouest du pays. Ces groupes, responsables d’enlèvements, de meurtres et de raids violents, agissent dans un contexte d’impunité totale, faute d’une réponse efficace des autorités.
Des mesures autoritaires pour étouffer toute opposition
- Niger et Mali : les juntes ont prolongé de cinq ans leurs périodes de transition et interdit le multipartisme, s’éloignant davantage de la voie démocratique.
- Tchad : suppression de la limitation des mandats présidentiels, ouvrant la voie à un pouvoir sans alternance.
- Burkina Faso et Mali : arrestations arbitraires de journalistes, activistes et opposants politiques, souvent victimes de disparitions forcées ou de conscription illégale.
- Nigeria : répression des journalistes et des utilisateurs de réseaux sociaux, sous couvert de lutte contre la cybercriminalité.
- Niger : détention arbitraire de l’ancien président Mohamed Bazoum sans procès.
- Tchad : condamnation de l’ancien Premier ministre et opposant Succès Masra à 20 ans de prison pour des motifs politiques.
Un retrait stratégique des institutions régionales et internationales
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont officialisé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Cour pénale internationale (CPI). Ces décisions menacent gravement l’accès à la justice pour les victimes de violations des droits humains et affaiblissent les mécanismes de protection régionaux.
Un appel urgent à l’action internationale
Face à cette dégradation généralisée, Human Rights Watch exhorte l’Union africaine et les autres organes régionaux à renforcer leurs efforts pour protéger les civils et faire respecter les droits humains. Sans une mobilisation forte et coordonnée, la région risque de sombrer dans un cycle de violence et d’arbitraire sans précédent.
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