30 juin 2026

Le Reveil Noir

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Sonara : le spectaculaire bluff à 700 milliards pour égarer Paul Biya

Sept ans après l’incendie qui a ravagé la Société nationale de raffinage (Sonara), son directeur général a pris la parole lundi 29 juin 2026 pour annoncer solennellement la renaissance de l’entreprise. Beaucoup s’attendaient à la signature d’un protocole d’accord avec un partenaire financier. Il n’en a rien été : il s’agissait simplement d’une déclaration à l’issue d’une réunion organisée par quatre ministres, visant à évaluer le coût de la reconstruction et son mode de financement, avant même de sonder le marché à la recherche d’investisseurs.

Le modèle de financement retenu est le Design-Build-Finance-Maintain (DBFM), qui couvre la conception, la réalisation, le financement et la maintenance des infrastructures. Une question se pose : si sept ans après le sinistre on en est encore à ce stade, combien de temps faudra-t-il pour dénicher un partenaire qui, selon les pratiques locales, signera un accord avant de se tourner vers les banques pour obtenir les fonds ? C’est exactement ce qui se passe déjà avec les partenaires miniers, contrairement à ce qui se fait ailleurs.

L’ombre portée de la SNH et de Nathalie Moudiki

Le timing n’est pas anodin. Cette communication intervient quelques jours après que le patronat camerounais, par la voix de son président Célestin Tawamba, a félicité la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour la construction de la nouvelle raffinerie de Kribi, un projet mené avec succès par Nathalie Moudiki. Le président du Gecam s’est exprimé dans un média international.

Les enjeux de nominations en toile de fond

En réalité, ce qui s’est produit n’est qu’une manœuvre de communication destinée à berner le président de la République, alors que ce dernier se trouve en Suisse, en pleine réévaluation de l’action de ceux qu’il a nommés pour l’assister et servir le peuple.

Dans son message, la Sonara a utilisé une expression choc pour toucher les Camerounais : elle évoque une unité d’hydrocraqueur (hydrocracker) qui raffinerait le pétrole camerounais. Or ce projet était déjà en cours avant l’incendie et est déjà intégré dans la raffinerie de Kribi.

Sabotage autour de la raffinerie de Kribi

Quand on voit des lanceurs d’alerte multiplier les attaques contre certaines personnalités impliquées dans des projets, il faut réfléchir. Depuis hier, Boris Bertolt accumule les publications incendiaires contre le projet de raffinerie de la SNH, avec des allégations sans fondement visant à salir l’image de Nathalie Moudiki. Pourquoi saboter le projet de Kribi le jour même où la Sonara sort de l’ombre ? Pourtant, la SNH salue l’action de cette entreprise historique.

À propos de la réhabilitation de la Sonara, en 2020, une délégation du géant russe Lukoil a été reçue à Yaoundé pour proposer un plan de reconstruction et d’installation d’équipements modernes. Le gouvernement n’a donné aucune suite favorable.

Les partisans du régime, favorables aux importations via les traders, invoquent des raisons de souveraineté pour justifier le rejet des partenaires potentiels. Pourtant, la plus grande raffinerie d’Afrique, située chez le deuxième plus gros producteur africain de pétrole, est privée. La raffinerie Dangote n’appartient pas à l’État nigérian, mais elle raffine plus de 60 % du brut du pays.

Pourquoi le modèle de la SNH (gaz) n’est-il pas appliqué à la Sonara (pétrole) ? La grande raffinerie de Lobito en Angola est construite par la Chine, celle de Copperbelt en Zambie également. La première raffinerie ougandaise est bâtie par les Russes, et un autre projet est en cours au Congo.

Camerounais, prions le Seigneur.