24 juin 2026

Le Reveil Noir

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Transition énergétique : la Côte d’Ivoire instaure une taxe carbone pour un développement durable

La Côte d’Ivoire franchit une étape décisive dans sa quête de souveraineté écologique. Pour soutenir une croissance forte tout en préservant son environnement, le gouvernement a dévoilé une stratégie ambitieuse axée sur la taxation des émissions de carbone. Ce levier fiscal vise à transformer le modèle économique national d’ici 2035, affirmant ainsi une Afrique consciente de ses défis climatiques.

Depuis son retour à la stabilité en 2011, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme l’un des moteurs économiques du continent. Aujourd’hui, l’objectif est de rendre cette dynamique plus verte. Fin mai 2026, Adama Coulibaly, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a ainsi présenté le plan national de taxation du carbone, conçu pour réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en finançant la justice sociale.

Une croissance qui se décarbone progressivement

Le dynamisme économique ivoirien a entraîné une hausse des émissions de gaz à effet de serre, qui sont passées de 9 millions de tonnes en 2011 à 18,8 millions en 2024. Cette augmentation s’explique par l’essor industriel, le développement des transports et les activités agricoles intensives. Cependant, l’intensité carbone de l’économie a reculé, le PIB progressant beaucoup plus vite que les émissions.

Avec seulement 0,65 tonne de CO₂ par habitant et par an, la Côte d’Ivoire reste un très faible pollueur comparé aux puissances mondiales comme la France (5 tonnes), la Chine (8 tonnes) ou les États-Unis (13 tonnes). Malgré cela, le pays choisit de prendre les devants pour protéger ses secteurs clés, notamment l’agriculture, face aux dérèglements pluviométriques et à la hausse des températures.

Le calendrier de mise en œuvre de la taxe carbone

La stratégie nationale prévoit un déploiement progressif en trois étapes clés :

  • 2026-2027 : Mise en place du cadre juridique et technique nécessaire à l’application de la taxe.
  • 2028-2029 : Entrée en vigueur de la taxe avec un taux initial modéré.
  • 2030-2035 : Augmentation graduelle du tarif pour atteindre les objectifs climatiques, suivie d’une phase d’ajustement.

Le dispositif ciblera principalement les énergies fossiles, tout en épargnant le gaz butane pour ne pas pénaliser les foyers. Selon les projections, un tarif de 50 euros par tonne de CO₂ permettrait de réduire les émissions nationales de 6 % par rapport au niveau de 2024.

Financer la transition et soutenir les populations

Loin d’être une simple contrainte budgétaire, cette taxe carbone se veut un outil de redistribution. Les revenus générés serviront à financer l’électrification totale du pays et à subventionner l’achat d’équipements de cuisson propres (électriques ou au gaz) pour limiter l’usage du charbon de bois. Le secteur des transports bénéficiera également de soutiens pour l’acquisition de véhicules électriques et le déploiement de bornes de recharge.

Le gouvernement s’engage à ce que cette actualité africaine souveraine profite aux plus démunis. Une partie des recettes sera directement reversée aux ménages vulnérables pour compenser l’inflation énergétique. Enfin, ces fonds soutiendront la création d’emplois verts, s’inscrivant dans la vision du Plan national de développement (PND) 2026-2030 qui lie indissociablement prospérité économique et protection de la nature.