L’Alliance des États du Sahel sous le feu des critiques : une alliance en apparence, une impuissance en réalité
Il y a deux ans, l’Alliance des États du Sahel (AES) naissait sous les applaudissements, portée par un discours souverainiste et des promesses ambitieuses. Pourtant, aujourd’hui, le constat est sans appel : cette union, aussi solennelle fût-elle, peine à se traduire en actions concrètes. Face à elle, une menace bien organisée dicte désormais son rythme : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Ce groupe, doté d’une capacité opérationnelle redoutable, étend son influence sans rencontrer de résistance sérieuse, malgré les moyens théoriquement colossaux des armées nationales.
Les juntes de Bamako, Ouagadougou et Niamey, autrefois unanimes dans leurs déclarations, voient leur crédibilité s’effritter jour après jour. Les offensives du JNIM, menées avec une précision chirurgicale, frappent simultanément plusieurs zones stratégiques, laissant les forces locales en déroute. Ni la fusion des renseignements, ni l’alliance avec Moscou ne suffisent à inverser la tendance. Le Sahel, loin d’avoir regained sa souveraineté, sombre dans une impuissance criante.
Le partenariat avec la Russie : entre illusion sécuritaire et aliénation culturelle
Pour pallier leurs lacunes, les dirigeants de l’AES ont jeté leur dévolu sur la Russie. Mais cette alliance, initialement présentée comme un rempart contre les influences étrangères, révèle aujourd’hui ses contours les plus sombres. Au-delà de l’engagement militaire et du déploiement de mercenaires (désormais rebaptisés Africa Corps), c’est une véritable transformation idéologique qui s’opère.
L’annonce récente de l’introduction du russe dans les programmes scolaires burkinabè dès la rentrée prochaine en est la preuve la plus tangible. Officiellement justifié par un désir de « décolonisation culturelle », ce choix s’inscrit en réalité dans une stratégie plus large : préparer les esprits des jeunes générations à une dépendance accrue envers Moscou. À terme, cette politique pourrait pousser des milliers de jeunes Sahéliens à partir étudier en Russie, où ils risquent d’être instrumentalisés dans des conflits qui ne les concernent pas. Le spectre d’une jeunesse transformée en chair à canon, loin de sa terre natale, plane désormais sur le Sahel.
Un isolement croissant et des victoires illusoires
Pendant que le JNIM étend son emprise, les juntes de l’AES s’enferment dans un isolement préoccupant. Les dirigeants, de plus en plus absents, peinent à masquer leur vulnérabilité. Au Mali, l’absence prolongée du colonel Assimi Goïta depuis l’attaque meurtrière de Bamako, qui aurait coûté la vie au ministre de la Défense, illustre cette perte de contrôle. Les autorités, incapables de garantir la sécurité, se raccrochent à des succès médiatiques éphémères : une localité ravitaillée, une riposte défensive saluée avec emphase. Ces victoires de façade ne trompent plus personne.
Deux ans après la création de l’AES, le bilan est accablant. Les juntes n’ont pas reconquis la souveraineté de leurs pays ; elles ont simplement troqué une dépendance pour une autre. En misant sur une alliance avec Moscou plutôt que sur des solutions endogènes, elles ont laissé le champ libre au JNIM. Le Sahel, loin de s’être affranchi, est désormais soumis à une nouvelle forme de domination, bien plus insidieuse que celle qu’il prétendait combattre.
La jeunesse, quant à elle, paie le prix fort. Entre le risque de servir de chair à canon et celui de subir une aliénation culturelle au profit d’une puissance étrangère, les perspectives d’avenir s’assombrissent. L’AES, qui se voulait un rempart, s’est transformée en un miroir reflétant l’impuissance de ses dirigeants.
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